Roger DESQ, lors des Journées nationales de l’A.P.M.E.P. à Toulouse, le 18 octobre 2014
Hommage à Roger Desq
Par Jean Aymès
Roger DESQ est décédé le 8 mars 2026.
Roger a été Professeur à l’Université Paul Sabatier durant plus de 30 ans à partir de 1964 ; ses étudiants se souviennent d’un enseignant résolu, engagé, actif pour apporter le maximum par un cadre élaboré, propre à l’étude approfondie.
Mathématicien, algébriste, Roger est aussi sportif, particulièrement attaché au vélo, à la randonnée, dans les montagnes ariégeoises notamment. Certains étudiants se souviennent aussi de cette faculté déplacée quelques jours à la montagne en hiver, où sport et enseignement cohabitent, il y tient beaucoup.
Ce n’est pas un professeur cantonné dans son statut. Il est attentif aux étudiants, il s’est impliqué dans les questions de l’enseignement secondaire dès la création de l’I.R.E.M. de Toulouse en 1971. Il en sera le deuxième directeur de 1976 à 1978, directeur associant des animateurs à la direction et jouant de son envergure scientifique pour asseoir l’action de cet institut à une époque critique pour l’enseignement des Mathématiques du fait des errements issus d’une introduction trop brutale de contenus formalisés, ce qu’on appelle « Mathématiques modernes ».
Les I.R.E.M. de France s’étant dotés d’une Assemblée de leurs directeurs, il la préside en 1976 et 1977.
Au sein de l’Université Paul Sabatier, il a dirigé le Département de Mathématiques et l’Unité d’Enseignement et de Recherche Mathématiques-Informatique-Gestion.
Ils sont peu nombreux à cette époque-là, ces universitaires s’investissant dans un lien entre secondaire et supérieur ; Roger est de ceux-là et contribue à forger une liaison, tant du point de vue de l’organisation de l’animation dans l’académie que du fonctionnement de groupes de recherche thématiques réunissant alors régulièrement des enseignants de grades et degrés diversifiés.
Engagé aux côtés de la Régionale de Toulouse de l’A.P.M.E.P. dès sa création, il en est le président en 1971 et 1972, marquant ensuite sa fidélité, il reste secrétaire, puis trésorier durant plusieurs années.
Souvenons-nous d’un professionnel hors pair, compétent, de bon conseil, conscient de son rôle social et plus encore souvenons-nous d’une personne attentive et simple, perspicace, facile d’abord, tendue vers le bien commun.
Merci Roger
Par Jean-Paul Bardoulat
Roger Desq était un universitaire brillant qui, en plus des mathématiques, aimait le sport et le bridge, jeu qu’il avait beaucoup pratiqué à l’école Normale Supérieure. Dès qu’on le rencontrait, on était frappé à la fois par sa simplicité et l’intérêt qu’il vous portait. Il a été le troisième président de la jeune régionale de Toulouse de l’APMEP de juin 1971 à septembre 1972, puis il a pris la direction de l’IREM de Toulouse pendant quelques années. À l’IREM, il était secondé par Henri Bareil (qui a présidé l’APMEP au niveau national au moment de la crise des maths modernes) ce qui a permis à certains d’affirmer qu’ « à Toulouse, l’IREM et l’APMEP c’est du Bareil au même ». Roger Desq s’est donc beaucoup impliqué dans la formation continue des professeurs de maths même si 40 ans plus tard il affirmait ne plus trop y croire. Sa retraite a été très sportive, il pratiquait la montagne, différentes formes de ski, le VTT, le canyoning et peut-être plus encore…
En 1967, étudiant à la recherche d’un poste de correcteur de copies, j’ai rencontré Roger Desq pour la première fois dans son bureau de la faculté de Toulouse et j’ai tout de suite été impressionné de l’accueil qu’il m’avait accordé. La deuxième fois, c’était pendant les Journées nationales de l’APMEP organisées par notre Régionale en mai 1971. Il était alors un président qui avait animé ces Journées avec chaleur et humour. Un jour de pluie, il avait déclaré à la tribune des Journées « ne cherchez pas le soleil, il est dans notre accent ».
À partir de la rentrée de 1972, j’ai eu la chance de le côtoyer à l’IREM pendant quelques années. Je garde un très bon souvenir de cette période, il est vrai que les IREM étaient alors bien dotés même si les crédits commençaient déjà à être progressivement rognés. Roger Desq avait l’art d’estimer les problèmes à leur juste valeur, sans les sous-estimer, ni les surestimer et d’y apporter des solutions adaptées et acceptées. Il était un directeur avisé, efficace et apprécié.
En novembre 1979, Claude Lassave, président de notre Régionale, m’avait fait entrer au bureau avec le titre de secrétaire général, secrétaire je voulais bien, mais général… À la rentrée 80, nous avons appris le départ de Claude Lassave pour une autre académie et lors de la réunion du bureau suivante, Roger Desq a déclaré que puisque nous avions un secrétaire général, il devenait président. C’est donc à Roger que je dois cette promotion inattendue.
Les deux dernières fois que j’ai rencontré Roger c’était en 2008 pour les obsèques d’Henri Bareil et en 2014 à la séance inaugurale des Journées nationales de Toulouse où il était invité.
C’est une chance et une grande leçon d’avoir pu côtoyer les hommes que j’ai cités, j’ai profité de leurs expériences, de leurs savoir-faire, de leurs qualités et je leur suis très reconnaissant pour tout ce qu’ils m’ont donné.
Jean-Paul Bardoulat le 24 mars 2026
